Classiques et cie·SF

La horde du Contrevent de Damasio

J’aurais envie de dire lire Damasio et mourir. Mais il serait vain de vouloir réduire ce chef d’œuvre de la littérature française à ces quelques mots pathétiques d’une emphase mélodramatique aux forts accents de pacotilles. Et pourtant, si je ne devais garder qu’un seul livre cette année, mon choix se porterait invariablement sur ce monstre insaisissable, cet extraterrestre qui joue avec la typographie autant qu’avec les nerfs de son lecteur.  couv42223982

Expérience poétique, tout d’abord, où Damasio s’attaque à la plus haute, l’épopée; où musique et littérature s’allient pour décrire le vent, omniprésent. Personnage à part entière, il siffle constamment à l’oreille sa mélodie rude et douce.

Le style dense, aérien et cadencé pousse le lecteur vers la fin, le bouscule jusqu’à le faire tomber, le relève pour l’emporter dans cette horde cherchant l’origine du Monde. Ce qui compte ici n’est pas la finalité mais le voyage, l’instant présent.

Expérience narrative, ensuite, l’auteur nous démontre qu’il est possible qu’une Horde de 24 personnes peut être LE héros de cette histoire; un récit où plusieurs voix se mêlent pour n’en former qu’une. Vous serez pris de vertige à force de passer et de repasser de l’un à l’autre de ces membres et vous ne pourrez plus lâcher votre lecture tant il devient crucial de connaître la suite. La tension imprimée dans le récit, dès les premières pages, est une des caractéristiques du style de Damasio. Elle nous happe; nous kidnappe jusqu’au dernier point, jusqu’aux dernières forces de la Horde.

Les pages numérotées à rebours terminent de désorienter le lecteur et l’oblige à repenser sa conception de la lecture. La fin devenu le commencement, Bergson s’endort heureux et nous aussi grandi par ce livre originale, d’une qualité rare et d’une finesse digne d’un maître.

Ps: Damasio mérite le Goncourt.

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4 commentaires sur “La horde du Contrevent de Damasio

  1. Oh mon Dieu, non, pas le Goncourt, pitié ! =)
    Sinon ce livre m’a traumatisé également oui, et je te conseille de lire La zone du dehors.
    C’est dingue de faire d’une histoire qui n’a l’air de rien à la base (la 4° de couverture ne donne pas spécialement envie…) un récit tellement prenant, c’est vraiment du grand art, l’incarnation de la magie de la littérature comme je l’aime.

    1. Justement, cela rehausserait le niveau du Goncourt… =D
      C’est un livre sans prétention qui renferme un trésor de littérature.
      Je vais me pencher sur la zone du dehors ^^

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