Fantasy

Rois du Monde, T1: Même pas mort de J-P Jaworski

Première incursion dans l’œuvre atypique de Jean-Philippe Jaworski, j’en ressors autant emballée que déçue.

Cette vision celtique est autant poétique que caricaturale. Les hommes sont frustres et rudes. Ils aiment la guerre, vénèrent la mort, se soulent à mort avant les combats. Les bardes sont sacrés et leurs histoires élèvent un peu le cœur de ces bourrins. Outre des confusions entre peuples vikings et celtiques, le portrait dressé de cette société est bien simpliste. Nous suivons le périple de quelques barbares aimant être mystifier et ne souhaitant pas se servir de ce qui leur tient lieu de petit pois dans la caboche. Cependant, cela crée une certaine atmosphère onirique complètement hallucinée qui fonctionne dans le cadre de ce récit. Je me suis fait happée par cet univers sombre où la violence règne en maître bien que les points évoqués au-dessus m’ont agacées. couv46533808

L’histoire en elle-même n’est pas originale, soyons franc: un récit initiatique ayant pour cadre une fresque épique. Homère y avait déjà pensé. Mais, en littérature comme dans tous les arts, celui qui crée s’inscrit toujours dans une lignée qu’il soit en rupture ou non avec elle. Le positionnement de J-P Jaworski n’est donc pas inutile. En effet, cet ouvrage est une très belle variation sur le Bildungsroman, très agréable à lire mais jusqu’à un certain point. Rappeler constamment la généalogie de tous les protagonistes (il y en a des milliards) à chaque fois qu’ils interviennent peut très fortement lasser, incitant le lecteur a lire en diagonale. Cette prise de position relativement risquée ralentit le récit tout en l’inscrivant dans le registre épique. Ce choix participe à l’ambiance et personnellement m’a permis de m’endormir le soir.

La structure interne m’a par contre vivement intéressée et interpellée. Cette envie de construire un récit autour d’une spirale est une brillante idée qui accroche le lecteur car, ainsi, les facettes de l’histoire ne sont distillés que petit à petit. Cet enchevêtrement des lignes est une invitations à la déambulation dans les méandres d’une histoire complexe qui a pourtant, parfois, du mal à s’imposer. Ce premier tome est long, très long pour une introduction.

Le style, quant à lui, est brillant, littéraire, enlevé et surtout monstrueusement travaillé. J’adhère sans réserve à cette langue d’une richesse accrocheuse et plaisante, où l’on sent le plaisir de l’auteur à déblatérer, parfois un peu trop. Cependant, quelques faiblesses demeurent avec l’utilisation répétitive de certaines images comme celle de la pomme surie, par exemple.

Je pinaille, je critique mais Janua Vera m’attends sur ma table de chevet…

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