Fantastique

Nous avons toujours vécu au château de Shirley Jackson

L’originalité de ce récit est d’inverser le point de vue. Nous ne sommes plus à l’extérieur de la maison de l’horreur (grand classique de la littérature fantastique) mais à l’intérieur, au cœur de la genèse du drame qui transforme un foyer en monstruosité. De plus, le point de vue adopté est un coup de maître. Shirley Jackson nous plonge dans cette histoire à travers le regard d’une toute jeune héroïne, Mary Katherine Blackwood, mais qui n’a pas vraiment toute sa tête. Entre élucubrations d’enfants et délires borderline, ce récit glisse sur la corde raide dans un équilibre parfait. couv67682025

Tout d’abord polar où l’on cherche à reconstituer le drame horrible qui s’est produit en ces lieux, il se transforme en drame familial quant un cousin éloigné s’immisce dans ce fragile foyer afin de le détruire. Cette intrusion de l’extérieur dans le quotidien marque le début de la fin dans un chaos indescriptible. Le monstre est l’étranger qui provoque l’étrange horreur en se faisant chien dans un jeu de quilles. Ce livre nous conte le repli sur soi, la violence du monde, la mort et le pardon. C’est assurément un très grand roman qui illustre à la perfection la célèbre phrase de Jean-Paul Sartre:

« L’enfer, c’est les autres. »

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3 commentaires sur “Nous avons toujours vécu au château de Shirley Jackson

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