littérature contemporaine

1Q84 de Haruki Murakami

1Q84 est une plongée fascinante dans une écriture chirurgicale du quotidien, où à la manière d’un James Joyce, Haruki Murakami dissèque avec une délectation communicative les petits riens de la vie. Cette obsession pour le détail fantastique nimbe le récit dans un halo inquiétant aveuglant le lecteur qui ne sait plus vraiment à quelle réalité se vouer. Le rythme nonchalant, aux répétitions agressive dans cette obstination de marteler toujours les mêmes choses (pour ne pas dire carrément raté et lourdingue), façonne une structure romanesque où la lenteur est reine. couv72466686

Cette mimésis est au service d’une réflexion sur la frontière supposée séparant les deux camps canoniques du Bien et du Mal. Sous couvert d’écrire une histoire à propos d’une tueuse à gages, Haruki Murakami nous livre une réflexion sur la dualité du monde. Ce qui l’amène à évoquer l’ambivalence première en écrivant une variation sur le duo amoureux.

Mais pour que le récit sorte des lignes, il manque le troisième paramètre inhérent à chaque œuvre de fiction littéraire que l’auteur japonais explicite en jouant avec la notion même de l’écriture en posant la question de la définition du geste créateur.

De plus, de multiples clins d’œils littéraires parsèment cet ouvrage et lui conférent un esprit cabotin ainsi qu’un charme suranné. Ce récit à tiroirs n’est pas la meilleure œuvre de Haruki Murakami mais elle mérite d’être lu.

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