littérature contemporaine

Esprit d’hiver de Kashishke

Chez Kashishke, la phrase endort la méfiance. Comme le serpent, elle hypnotise sa proie pour mieux lui asséner le coup fatal. La chute, brutale, n’en sera que plus rude. Passée maître dans l’art de la narration, elle tisse une toile, en un huis clos étouffant où nous nous faisons conduire par le bout du nez avec ce malaise croissant si caractéristique de son style. Ecrit comme une monodie s’étoffant peu à peu en une polyphonie angoissante, cette histoire écrit avec une précision chirurgicale est une réussite.  couv33649316

Tout est minimaliste laissant ainsi toute la place à l’angoisse, personnage premier de ce récit. Peu de personnages, une mère et une fille, un seul lieu; pour une action dédoublée, et une trame tellement simple qu’elle ajoute à l’étrange ambiant. Aucun temps mort, pour ce récit qui mêle souvenir et cette journée de Noël unique en son genre.

Kashishke ne fait pas seulement le récit bizarre d’un 25 décembre; elle nous offre une réflexion sur l’adoption et l’amour qu’une mère porte à l’enfant qu’elle a accueilli. 

En somme, un grand récit féminin porté par une plume d’une douceur acérée. Attention à ne pas vous couper.

Ne vous attendez pas à une jolie petite histoire de Noël, vous serez déçu.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s