Fantasy

Lavinia d’Ursula Le Guin

Lavinia, très peu évoquée dans l’Enéide de Virgile, est la femme d’Enée. Celle qui lui a permit d’unir sa destinée à celle du Latium.  couv13923718

Contée du point de vue de l’héroïne, ce petit roman nous entraîne dans une civilisation pré-romaine décrites avec tendresse et finesse.

S’appuyant sur Virgile, Ursula Le Guin s’applique à un exercice de style remarquable bien que parfois assez scolaire. Elle décrit avec application le bouclier d’Enée mais en oublie le morceau de bravoure inhérent à ce jeu littéraire qu’Homère pratiquait à la perfection.

Quelques défauts de traduction malmènent l’écriture riche et vivante de l’auteure en lui infligeant des fautes de niveau de langage. C’est assez fâcheux pour un  texte écrit volontairement dans un très haut registre de langue. Il est, par ailleurs, très agréable de pouvoir lire ce genre de texte littéraire en fantasy. Mais je ne suis pas partisane de l’avis assez partagé qu’Ursula Le Guin utilise une langue poétique. En effet, la poésie n’est pas d’écrire dans un style soutenu et de raconter une histoire antique chez des nobles à la manière d’une pastorale. La poésie joue avec la langue et exerce une pression sur celle-ci afin de la modeler pour obtenir un effet de langue intéressant. Ce n’est pas le cas, ici. Il n’y a pas de recherche sur le langage, juste une expérimentation pour adapter librement le style classique de l’épopée (un pari réussi, par ailleurs).

L’érudition affichée, dès le commencement, par les cartes du Latium m’ont d’abord enchantée avant de me faire grimacer. Ce livre est, je pense, trop difficile pour un néophyte en la matière et trop facile pour quelqu’un ayant des connaissances formant un socle solide sur la civilisation romaine. Expliquer des notions élémentaires, comme celui de l’ordre des vestales, alourdit le texte, ou tout du moins le tire vers le bas.

J’ai apprécié ma lecture mais peut être en ais-je trop attendu. C’est bien la première fois que je ressens cette frustration à la lecture d’Ursula Le Guin.

challenge littérature de l’imaginaire: 62/60

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2 commentaires sur “Lavinia d’Ursula Le Guin

  1. Trop difficile pour un néophyte en matière de civilisation romaine, tu veux dire ? Il ne m’a pas semblé qu’un manque de connaissances pouvait entraver la lecture…
    Par contre, j’ai trouvé que cette approche de l’œuvre de Virgile était un peu comme une introduction, une antichambre qui donnerait envie de s’y avancer un peu plus. J’ai mis l’Énéide dans ma PAL (elle y est toujours xp).

    1. oui exactement. J’ai trouvé cette lecture frustrante pour les explications détaillées d’un aspect très basique de la civilisation romaine et 1 page plus loin laisser filer une info un peu plus ardu sans aucun développement. J’étais pas de très bonne humeur aussi quand je l’ai lu. Ca a peut être joué hein! lol

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