littérature étrangère·littérature contemporaine

L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford de Ron Hansen

Un titre à rallonge pour un roman à rallonge où les longueurs verbeuses rivalisent d’ingéniosité dans l’emploi de la langue.

Mais, je vais ranger ma langue de vipère et souligner les qualités de ce roman qui malgré ces faiblesses nous livre un très beau portrait d’une Amérique au temps des cow boys et des attaques de diligences. brad-pitt-jesse-james-12

La narration suit le parcours d’un des bandits les plus célèbre de la seconde moitié du XIXe siècle: Jesse James! Ce récit est l’histoire de la construction d’un mythe. A l’image d’un héros antique, Jesse James nous apparaît comme un demi-dieu: inhumain et monstrueux lors de ses attaques, tuant de sang froid, ne faisant confiance à personne; mais aussi comme un homme, un père de famille aimant et souhaitant le bonheur de sa tribu.

Cette partie du récit est vraiment intéressante. Ron Hansen réfléchit sur la notion de légende, d’héroïsme et de l’humain. Il ne cherche aucune excuse aux meurtres et autres forfaits commis par cet homme. Bien au contraire, il le relate les attaques de banque avec une précision glaciale, ciselée au scalpel.

Ce livre est un roman à grand spectacle mettant en scène un far west fantasmé confronté à la réalité. En somme, nous pourrions dire qu’il s’agit d’une épopée réaliste qu’il faut lire comme une tragédie; Robert Ford tenant le le rôle de la destinée auquel le héros ne peut échapper.

Il y a, également, dans cette oeuvre, une réflexion sur le passé colon des Etats-Unis et la relation avec la terre qu’entretiennent les américains. Il est acquis tout au long du récit qu’elle appartient aux blancs de droit. Les indiens sont relégués à l’horizon et occupent le rôle d’une menace de mort assez proche du fantasme. La « wilderness » est totalement maîtrisée par les colons et les « natives » ne sont évoqués que comme des êtres de cauchemar quasi irréels.

Le style de Ron Hansen fourmille de détails. La langue est volubile. Trop parfois. La narration semblant s’embourber dans des paragraphes sans fin, des détails de détails. Reprendre sa respiration lors d’une de ces diatribes n’est pas chose aisée. L’asphyxie semble souvent guetter le lecteur. Mais ce parti pris d’une langue outrancière dans la logorrhée traduit aussi un désir de vivre furieusement et jusqu’au bout. Cette écriture extrême témoigne d’une épopée où la vie fuit en même temps qu’elle semble se figer dans des déplacements d’air absolument horripilants.

Je ne peux que vous conseiller de le lire afin de vous en faire une opinion.

ps: le vrai Jesse James étant vraiment moche, j’ai préféré à la place vous offrir une photo de Brad Pitt. Ne me remerciez pas, tout le plaisir est pour moi.

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