Steampunk

Confessions d’un automate mangeur d’opium de Colin et Gaborit

Paris, fin du XIXe siècle, pendant l’effervescence de la grande exposition universelle qui a dévoilé la tour Eiffel. Une comédienne, Margaret, apprends dans les journaux la mort de sa meilleure amie sur la place de l’opéra. S’ensuit une enquête dans un Paris fantasmé où la mécanique magique cohabitent avec des machines qu’on dirait tout droit sorti de chez Jules Verne.   couv40633707

La grande force de ce roman tient dans les descriptions de cette ville industrielle mâtinée de Belle Epoque. Nous lisons un roman d’ambiance où le récit descriptif tient une très grande place soutenu par une écriture poétique qui, cependant, parfois, tombe dans le lyrisme précieux. Certains dialogues sont emphatiques et en deviennent fades.

Mais le style de Colin et Gaborit reste remarquable dans l’équilibre complexe que nécessite l’écriture à deux mains. La narration est érudite, soignée et cherche à élever la langue. Le lecteur se laisse facilement bercer par ce ronronnement travaillée et se laisse guider dans les méandres de Paris.

L’alternance des points de vue des deux héros; Margaret et de son frère; est agréable. Cette technique assez classique permet de conter l’histoire selon deux angles sensiblement différents et apporte une richesse non négligeable à cette oeuvre.

Cependant, le style se laisse souvent emporter dans des discours verbeux qui rendent le récit vaseux et alambiqué. Certains retournements de situations n’ont pas la cohérence comme priorité et dans ce tout petit roman certaines ficelles ne sont plus blanches mais multicolores.

Par contre,les deux thèmes principaux sont originaux et intéressants: les robots et la folie.

Les automates sont-ils vivants? Ont-ils une conscience, une âme? L’exploitation de cette première idée est subtile toute en nuances et si elle n’apporte pas un éclairage nouveau sur le sujet; elle a le mérite d’être poétique et de faire réfléchir le lecteur.

Je suis plus mitigée sur l’exploitation du thème de la folie qui pour moi est traité de façon beaucoup trop légère et superficiel. L’inspiration est présente mais elle est argumentée sous forme de poncif glissant souvent dans la caricature. C’est dommage mais cela n’enlève en rien le plaisir de la lecture.

En somme , un classique du steampunk qu’il faut avoir lu. Un très beau roman malgré des défauts certains.

Challenge littérature de l’imaginaire: 49/60 ( passage dans l’absorption de l’étrange!)

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