littérature étrangère·littérature contemporaine

Gains de Powers

Ce livre est typique de la littérature américaine actuelle car il interroge la nation (américaine) sur ses origines. Gains s’intéresse, plus particulièrement, à l’histoire industrielle menée par l’idéologie puritaine fondatrice du mythe du « self made man » et à ses conséquences pour la société actuelle. A travers l’histoire d’une industrie de savon devenu archétype des industries, Powers développe un chemin qui à travers différents prismes se révèlent montée ou descente. Tout est chiffre, la vie humaine ne compte quasiment pas; à moins qu’elle ne serve les intérêts de cette entreprise inhumaine car ne prenant pas en compte l’Homme. L’auteur y mêle l’histoire intime d’une femme, là encore archétype, d’une vie quotidienne et banale dans notre société actuelle qui se meurt d’un mal devenu universel: le cancer. Plus nous avançons dans ce récit et plus nous comprenons que Powers accuse une économie monstrueuse devenu dangereuse pour ses créateurs et ses clients. couv3894559

Cet ouvrage est réquisitoire mais aussi grande épopée américaine tout comme un de ses précédents livres : le temps où nous chantions. Les idées de Powers nous oblige à réfléchir sur le monde actuel. Il est hors de question de lire ce genre de livres sans s’en poser. Il fait partie de la catégorie des prises de tête littéraire qui demande de la concentration et une réelle envie de confronter sa vision du monde avec celle de l’auteur ( ce qui est, par ailleurs, le but premier de l’entreprise littéraire: donner à voir sa vision).

D’un point de vue technique, quelques lourdeurs m’ont, parfois, gâchée le plaisir de lire quand l’auteur se perds en circonvolutions sur les détails de l’historique et des chiffres de la société Clare. Mais peut être est-dû à mon profond désintérêt pour tout ce qui touche aux sciences dures. Pourtant, j’ai appris quelques notions d’économie avec ce livre et ne regrette pas ces passages fastidieux.

La critique implicite de la morale puritaine est menée avec beaucoup de délicatesse et de précision. Enfin, cette fin ouverte de l’éternel recommencement m’a beaucoup touchée et m’a fait refermer ce livre le sourire aux lèvres malgré le constat pessimiste que nous ne pouvons plus ignorer.

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