Classiques et cie·littérature étrangère·littérature contemporaine

Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka

Deuxième roman de Julie Otsuka, il est d’ores et déjà admis que ce roman fera date dans la littérature américaine. En donnant la parole à ces japonaises expatriées venues se marier aux USA avant la seconde guerre mondiale, la romancière fait éclater une histoire trop souvent passé sous silence. La force de ce petit roman est de dire avec des mots simples la vie quotidienne de ces familles japonaises qui subiront le sort de la déportation lorsque les américains rentreront en guerre contre les japonais. Le parallèle, douloureux et nécessaire, avec la déportation des juifs se dessinent dans la seconde partie de ce chef d’oeuvre et laisse le lecteur pantelant, bouleversé et écoeuré.

La puissance dramatique de l’écriture d’Otsuka tient à son parti pris de créer un choral pour voix de femmes et de mêler leurs parties dans un seul et même texte. Les voix se croisent, chuchotent, certaines prenent le dessus puis laissent leur place à d’autres,s’agitent, enflent mais jamais ne crient leur révolte qui, pourtant, auraient été légitime.

Cette écriture poétique est servi par un style fluide, simple et juste. De ce fait, le texte semble aérien et épuré; il laisse la place aux sensations et aux émotions que le lecteur ressentira à sa lecture. L’oralité contenue dans cette polyphonie de narratrices donne au roman une oralité qui nous permets de le rapprocher du théâtre et de la tragédie. En effet, les chapitres semblent découper en actes et ces femmes semblent se diriger inéluctablement vers une fin tragique.

 Ce roman se place dans une lignée particulière du roman américain qui ait de faire parler les minorités afin qu’elles soient enfin entendues et que leurs souffrances enfin reconnues. Julie Otsuka, dans ce sens, se situe dans la même lignée que Tony Morrisson et dans une moindre mesure avec celle de Kathryn Stockett The Help.

Un livre à lire, à relire! Et surtout, il faut espérer qu’une telle horreur ne se reproduise plus jamais. Il en va de notre humanité.

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