SF

Le jeu de Cuse de Wolfgang Jeschke

Un livre difficile à lire qui prends du temps et demande un certain effort intellectuel. Loin de moi, l’idée de vous décourager à le lire mais je tiens à vous prévenir. Si ce livre a reçu le prix Kurd-Lasswitz (l’équivalent du prix Nebula allemand), c’est qu’il y a une raison!

Jeschke est un des plus grands auteurs de science fiction allemande mais il n’est quasiment pas traduit en français. C’est dommage, car son oeuvre est vraiment intéressante du point de  vue des thèmes abordés et de la construction narrative de ses romans.

Le style traditionnel, dans la lignée des auteurs classiques, est au service d’une narration déstructurée qui rend compte du thème majeur du jeu de Cuse: les univers parallèles qui sont en réalité des variations de notre monde où le passé et le futur ont  pris des chemins différents.

S’appuyant sur des thèses de la physique quantique et autres physiques métaphysiques, l’auteur nous plonge dans un univers apocalyptique et des discours sur le temps et la matière parfois difficile à suivre. Je ne suis pas du tout une scientifique et avoue avoir été ennuyé par ces longs discours verbeux sur les voyages dans le temps. Mais le degré d’érudition est très appréciable et permet de joindre l’utile à l’agréable: la philosophie au roman.

L’histoire est simple: une jeune botaniste Domenica est employé par le Vatican pour ramener du passé des échantillons de plantes disparues de cette Terre apocalyptique de 2052. Le propos est sombre, parfois violent et met profondément mal à l’aise; car l’avenir projeté par Jeschke est un avenir probable pour notre humanité dans sa thèse la plus pessimiste.
Cette vision de l’Europe en proie à des catastrophes nucléaires ne peut que nous faire penser à ce qui pourrait arriver si Fukushima finissait par exploser ou si une de nos centrales faisaient de même de bon matin.

Cependant, ce livre traîne de temps en temps en longueur. L’écriture se fait lourde et le rythme lent si lent… Il s’agit peut être d’une erreur de traduction. Je ne saurais dire. Mais je l’ai lu jusqu’au bout car malgré tout, le propos nous emporte et nous fait tourner les pages.

J’ai particulièrement apprécié la construction cyclique de l’oeuvre où des chapitres entiers se répètent à la Beckett. Mais nous nous rendons vite compte qu’à la différence de l’auteur irlandais et de son fameux En attendant Godot; Jeschke introduit des variations dans sa narration. L’action semble se répéter! L’auteur nous fait ainsi toucher du doigt de façon délicate la théorie selon laquelle une aile de papillon peut tout changer.

Une oeuvre singulière que je vous invite à découvrir.

challenge litté imaginaire: 4/48

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